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vendredi 10 mai 2013

Les Enfants de Capitaine Grant, Jules Verne, Alexis Nesme

Je n'ai pas lu ce livre comme enfant. J'avais demandé, je n'ai pas eu. Je remercie mon grandpère, posthumement, de m'avoir permi de le lire pour la première fois comme adulte. D'ailleurs, je n'ai que lu le tôme 1.

Il y a des réflexions qui se présentent.

Karl May était un peu le Jules Verne allemand (il était aussi francophile et déplorait les abus de leur victoire de 1870). Mais il était plus ou moins tout le temps en train de réécrire ce roman, dans à peu près tous les siens! Que les tours vont en Espagne et Mexique (avec hélas un côté prorévolutionnaire, pour Juarez, contre les Carlistes, que voulez-vous, il était Protestant), ou en Turquie, Wild West et Sibérie, ses héros sont toujours en train de chercher un membre de famille disparu et parfois réputé mort. Mot clef: "je ne crois pas au mort de qui-que-ce-soit, avant de voire son cadavre".

Autre, Alexis Nesme a réussi l'adaptation très bien. Le concept avec des animaux aurait pu être douteux, il l'a réussi.

Autre encore, Tolkien semble l'avoir lu, voire l'ascente de la Cordillère et comparer Caradhras. Les trois textes dans le Secret de la Licorne impliquent que Georges Remi l'avait lu aussi.

Autre encore, Jules Vernes vivait dans l'époque coloniale, mais ses voyages sont assez souvent en dehors les colonies de France. Façon discrète de se distancer sinon du colonialisme en global au moins de certains aspects?

Encore une autre. L'histoire peut être lu en partie comme une allégorie du récherche du savoir. Une bouteille se trouve fortuitement dans l'estomac d'un requin-marteau. Il y a trois variantes du texte, en trois langues, mais chacune partiellement effacée (ne soupçonnons pas de la Ringparabel du Lessing, ça serait théologiquement triste, car la vérité reste accessible en entier, ou à des très petits détails près, dans une même tradition, la catholique!), il faut les ajouter l'une variante à l'autre, enfin il y a au moins un malentendu qui ne sera pas éclairé qu'une fois une expédition futile faite dans un sens qui n'est pas le bon, néanmoins cet échec n'est pas sans bons fruits, car on y verra le savant Paganel (qui lui aussi avait pris la mauvaise direction, il s'était trompé sur le train à prendre). Tel était à peu près l'idéologie du savoir à l'époque. Une idéologie qui excluait la vérité fixe donnée et bien comprise en avance (Ringparabel et Lessing semblent se présenter, hélas, mais Karl May était aussi pire comme théologien que comme romancier).

Finalement, va-t-on bien regagner capitaine Grant bientôt en Australie ou Ulimaroa? On verra./HGL

mardi 28 juin 2011

Heidi, par Johanna Spyri

La BD Heidi repose sur un livre, par Johanna Spyri, et aussi sa continuation. C'est le premier livre que j'ai lu. Et le début, quand elle découvre la vie dans les Alpes, est assez conforme entre BD et livre.

Mais, il y a un moment où Heidi est enlevée à Francfort-sur-le-Main de la Suisse, par ce que la tante n'aime pas le grand-père. Elle aurait trouvé "irresponsable" de laisser sa nièce là. Elle vient de trouver une solution bien meilleure: Heidi sera fille de compagnie pour la paralysée Clara Sesemann.

Bien, la solution n'est pas vraiment meilleure: bien qu'elle s'entend avec Clara, elle devient malade, elle commence à se promener en dormant. Un médecin honnête, de cette époque où les recherches dans l'âme n'étaient ni une façon pour certains de s'appeler et d'être payés comme médecins pour le fait de chicaner des plus faibles, ni une façon de faire le rabbin auprès des gens qui cessent de dépendre de la justice ou des prêtres, de cette époque là ce médecin encore honnête comprend que Heidi va mal par manque des Alpes et de son grand-père, et peut-être aussi des rigueurs de madamoiselle Rottenmeier (Rougemont).

Elle est donc renvoyée chez son grand-père. Ce n'était pas encore l'age d'or des agents de la DDASS. Ni l'époque où les jeunes et enfants qui vont mal à cause des DDASS sont "traités" pour "aller moins mal" là où ils se trouvent. L'auteure de Heidi, Johanna Louise Heusser, mariée Spyri, est décédée en 1901. Avant les horreurs des deux guerres mondiales et ensuite des guerres coloniales. Avant les horreurs de forcer les gens à aller chez les familles d'accueil ou même les cliniques "pour leur bien" - ou avant que ces horreurs deviennent aussi communes qu'aujourd'hui. Avant que l'obligation scolaire, déjà à l'oeuvre, devienne le sort commun des enfants et des adolescents qui font des massacres, par ce qu'ils y deviennent malades de coeur. Oui, Heidi nous parle d'un monde comme sous Léon XIII.

Hans-Georg Lundahl
Port-Royal/Paris
7-VI-2011, St Gilbert
 
PS, Veille des Ss Apôtres Pierre et Paul, Buffon:
 
L'écrivaine est née Johanna Louise Heusser. Son père était médecin, sa mère poëtesse. Le père, Johann Jakob, était pionnier en une des formes de la psychiatrie: il accueillit chez soi (avec femme et six enfants!) des malades d'humeur, donc par exemple des dépressifs. Quand on pense de la psychiatrie d'aujourd'hui, on pense souvent, quand on n'a pas fait la connaissance, qu'il s'agisse des Johann Jaokob Heusser.
 
Mais lui, il n'avait pas des neuroleptiques, il ne s'occupait pass des fous dangéreux, il n'utilisait probablement pas des contraintes, il ne surdiagnosait probablement pas, puisque l'état ne faisait pas priorité à la psychiatrie comme une répression supplimentaire, ni les réseaux pour supprimer les "dangéreux" qui ne le sont que pour leurs interêts. Il n'avait pas besoin non plus, car il était d'abord médecin normal, c'est à dire somatique.
 
Johann Jakob Heusser est né 1783, et ce n'est pas improbable qu'un de ses cas ait servi comme modèle pour Heidi et pour ses mauvais rélations avec, non, plutôt les mauvais rélation de mademoiselle Rougemont avec elle. Aujourd'hui ça serait plus souvent un psychiatre qui demande aux Heidi d'accepter les Rougemont, et si elles n'arrivent pas, les droguent. Et ils n'arrivent pas bien à identifier les Rougemont d'allure moderne et humaniste non plus.
 
HGL

mercredi 25 mai 2011

Avant la BD Maya l'Abeille il y avait le livre par Waldemar Bonsels

J'ai bien aimé la BD, mais le livre était impressionant. Une abeille s'égare vraiment de sa ruche de naissance, elle fait des rencontres étranges - ça rappelle un peu Le Petit Prince, un peu trop bien pour être mis en série ou le bonhomme avec la lanterne réapparaît sur un autre planète, mais avec Maya on n'a pas eu cette réticence. Bon, disons tout simplement que Maya l'Abeille bande dessinée et Maya l'Abeille livre sont deux œuvres de l'art litéraire très différentes.

Elle échappe à danger après danger, sans en avoir trop de souci (là il y a une similitude entre les œuvres) mais avec une bonne dose de curiosité et parfois un "comme c'est étrange". Le rencontre avec la mouche qui se croît un génius parce qu'il vole entre la buste de Goethe et celle de Schiller (oui, Waldemar Bonsels écrivait pour des gens de culture Germanique classiciste ou qui pouvaient la reconnaître) est sans danger mais vient après des rencontres comme la libellule ou l'araignée.

Mais la chose étrange est que son rétour à la ruche se passe de façon très surprénante. Elle -- bon, il y a une forme d'apothéose, comme on croît que ça pourrait être d'être reçu comme la reine d'une ruche. Car elle était en effet l'abeille-reine. C'est pour ça qu'elle ait pu s'égarer de sa ruche.

L'autre jour j'étais en train de me demander si les étoiles dites fixes ou - dans l'astronomie moderne - tout simplement étoiles, se tiennent dans un ordre rélativement stable (il y a quand même -a- les mouvements dits propres, 200 étoiles se déplaçant entre 1 et 10 séconds de l'arc par an -b- les mouvements attribués au mouvement annuel de la terre, comme disent les héliocentriques, "les parallaxes" jusqu'à 0.76 séonds de l'arc pour le plus grand -c- les mouvements attribués par eux-mêmes aux nutations de l'axe de la terre par influence de la lune, -d- les mouvements attribués encore une fois aux étoiles eux-mêmes, celles des étoiles-doubles, -e- ensuite ce qu'on n'attribue ni aux étoiles ni à la terre mais à la gravitation affectant la lumière parce qu'en arrivant à nous les rayons auraient été déflectés par les gravitations des grands corps, visibles comme étoiles ou planètes ou invisibles comme "trous noirs"), si elles se tiennent, comme je viens de dire dans un ordre rélativement stable par une forte stabilité de force de chaque ange et une forte solidarité entre les anges qui les portent.

Alors, les ruches d'abeilles seraient un bon image d'une certaine façon des bons anges, quoique la stabilité de chaque abeille est moindre, par le fait qu'elle ne se tient pas dans l'air par pure volonté d'adorer Dieu ou même l'abeille-reine, mais par des ailes et des fluctuations d'air qui donnent une stabilité bien inférieure à celle des anges. Le sucré du miel est peut-être un image de l'hommage que les anges font à leur Reine, la Sainte Vierge Marie. Mais la lumière des étoiles qu'ils portent a d'autres images, et leur intellect est non imagé dans le notre qu'on appelle raison, mais plutôt jumelé avec le notre, les deux étant images de Dieu.

Forte est la cohérence des anges et forte celle des abeilles. Moins forte celle des guêpes ou celle des démons. Et les guêpes pourraint d'une certaine manière passer pour des images des démons, inutiles, parasitaires, malfaisant. Bon, c'est vrai que les guêpes ont une utilité pour féconder les figues. Donc ils ne sont pas si parfaitement un image des démons.

Par contre, les hommes, certains vont dans une très bonne solidarité qui ne manque pas parenté avec les bons anges ou les abeilles, d'autres vont dans une manque de solidarité qui rappelle les guêpes et les démons. Mais ni la solidarité dans cette vie ne peut être aussi forte au moins en apparence, ni le manque de solidarité dans cette vie ne peut être aussi grande. Car nous sommes ce que ne sont ni les abeilles, ni les guêpes, ni les bons anges, ni les démons, nous sommes en train de choisir notre destin éternel - ce que n'ont pas les insectes et ce qu'ont déjà choisi les anges et les démons. Et puisque c'est un choix, il ne se force pas.

Autre réflexion provoqué par Maya l'Abeille: chez nous les solidarités les plus fortes sont plus atomisés que chez les abeilles. Chez nous chaque femme peut être une reine abeille, et la plus grande ruche qu'il y a chez nous c'est la famille, avec un homme et une femme et leurs enfants. Pour ça aussi les solidarités ne se forcent pas, le mariage se choisit, les solidarités au-delà ne se forcent pas non plus. Personne n'est sauvé comme les anges par le fait d'apparaître par force appliqué comme solidarité. C'est une différence entre abeilles et hommes, une raison pourquoi le communisme ne marche que mal quand ce n'est pas point du tout - sauf quand il est choisi.

Vraiment, le livre était tellement fort, que sa mémoire après d'années me fait bavarder - comme pour m'en extraire.

Hans-Georg Lundahl
BpI Georges Pompidou, Paris
25-V-2011