jeudi 11 juin 2020

Dégringolade morale de Dupuis


Voici un album des années 1970:

https://www.ebay.fr/i/283475615436?chn=ps&norover=1&mkevt=1&mkrid=709-134431-41854-0&mkcid=2&itemid=283475615436&targetid=884405960814&device=c&mktype=pla&googleloc=9056137&poi=&campaignid=9557022446&mkgroupid=97888222243&rlsatarget=pla-884405960814&abcId=1139516&merchantid=116392064&gclid=Cj0KCQjwrIf3BRD1ARIsAMuugNuaK97GEIdF6mL1vn-a9T6Lsr-UoO-dkvsCAMswzCw6_MrakNXiU4AaAswlEALw_wcB

C'est un Gaston Lagaffe. Voici un autre, début du noveau millénaire:

https://fr.shopping.rakuten.com/mfp/3000289/le-petit-spirou-tome-10-tu-comprendras-quand-tu-s-ras-grand-janry-livre?pid=204549204&bbaid=1138846515&t=180191&xtatc=PUB-%5Bggp%5D-%5BLivres%5D-%5BAutres%5D-%5B204549204%5D-%5Boccasion%5D-%5Bjnf_14+-+Occasion%5D&ptnrid=pt%7C877552566459%7Cc%7C420145862126%7C204549204

C'est un Le petit Spirou.

On rigolait de quoi il y a 50 ans? Des policiers, des employés ineptes, des supérieurs pas forcément plus aptes eux-mêmes, du progrès, des nouveaux gadgets notamment, du monde du business parfois très inepte, des conditions de travail inacceptables, des insecticides inacceptables.

Voyons, parmi les insecticides, il y a de nos jours heureusement moins de comédie à base tragique, mais les autres thèmes devraient encore faire mouche, non?

Et il y a 20 ans? Du sexe, des curés, des professeurs, des libraires, des crottes de chien (années 70, on en rigolait en Mad, pas dans les magazines qui se tournaient aux jeunes), et le papy est davantage maladroit que celui de Cédric ... une professeure de maths s'appelle Claudia Chiffre et un professeur d'éducation physique s'appelle Mr. Mégot. C'est en plus très sexiste androphobe ou misandrique. La seule chose qui peut racheter un homme, c'est d'être papy ou devenir fou à propos les femmes.

Quelque part, les gags à propos les oppressifs et dépressifs aspects de la société ont laissé la place à ça .../HGL

dimanche 1 décembre 2019

émotions en bd : il y a d'intelligent de nos jours


Ces dernières semaines, j'ai eu le bonheur de lire deux qui ont un rapport avec les États-Unis.

MICHIGAN. SUR LA ROUTE D'UNE WAR BRIDE
DESSIN: LUCAS VARELA SCÉNARIO : JULIEN FREY COULEURS : LUCAS VARELA
https://www.dargaud.com/bd/Michigan


Et:

Roller Girl on Wikipedia
[young adult graphic novel by Victoria Jamieson]
https://en.wikipedia.org/wiki/Roller_Girl


(La page wikipédique francophone manque encore, contrairement à la traduction française que je viens de lire.)

Je dois avouer, que, quand j'étais petit et encore ado, j'ouvrais les BD surtout en vue d'humour ou d'aventure. Si intelligence émotionnelle il y avait dedans (comme souvent en Marvel Comics), c'était quelque part un plus, mais ce n'était pas le but principal.

Je ne peux pas dire que ces deux romans graphiques manquent l'aventure ou manquent l'humour, mais je peux dire que dans les deux cas, ça nous raconte surtout quelque chose sur le cœur.

Je vais vous donner des très brefs résumés.

Un "GI" débarque à Paris après la guerre. Il n'est même pas parmi les libérateurs, il est technicien, comme aussi dans le civil. Il réussit à séduire une française, fille de bar, en débutant avec un Milky Way (dont la version nord américaine est faite de chocolat-nougat recouverte de caramel puis de chocolat au lait et est similaire à la barre Mars européenne). Le frère de la fille au bar n'apprécie pas le Yankie ... qui est Polonais. Il y aura de la paperasse et des harcèlements d'intégration culturelle (elle devra apprendre cookies, et ensuite les désapprendre, parce que le belle-mère dit qu'en Polonais il préfère les beignets) ou encore medical check up, à gogo. Elle sera obligée de prendre un autre bateau que le mari.

En parallèle, un petit-enfant du frère va aller aux États-Unis avec sa copine pour rencontrer sa grand-tante. Avant de rencontrer la vieille de 86, il va rencontrer ses petits-enfants à elle, un mécano mariée à une ex-prof qui vend des sex toys.

Chaque trame aurait un certain risque de longueurs qui sont évitées par le va et vient entre les deux trames de l'histoire. Et les flashbacks sont tellement différents dans leur situation et les personnes, que le risque de confusion entre les deux n'est même pas effleuré.

Ce qui n'est pas directement dit, puisque il est Polonais, il est Catholique comme sa femme. Contrairement à d'autres war brides, elle ne va pas finir en divorcée. La seule chose dessus, il y a une autre war bride qui finit en divorcée, mais elle est veuve en rencontrant Julien.

Roller girl commence avec deux filles en début de collège (en v.o. "fifth grade") qui sont amies. Astrid est un peu plus garçon manqué que Charlotte (en v.o. Nicole). Et elle est seule fille d'une bibliothécaire qui ne veut pas être mise en maison de retraite comme vieille.

Roller girl commence sur une piste de Roller derby où Astrid verra une jammeuse qui sera son modèle pour l'engagement en Roller derby, Rainbow truc ou machin. Un jour, elle sera elle-même sous un sobriquet de Roller derby, à savoir Astéroïde. Mais, contrairement à ses rêves, pas en tant que jammeuse.*

Elle avait à peu près abandonné tout espoir de sauver l'amitié avec Charlotte, qui, elle, allait faire danse classique. Elle s'était liée avec une fille rencontrée sur le roller derby, encore plus garçon manqué qu'elle, seule fille avec un tas de frères. Et elle avait été malhonnête à sa mère sur le fait que Charlotte allait elle aussi au roller derby, ce qui n'était pas le cas ... donc, elle n'avait pas pu être ramenée à maison par la mère de Charlotte comme prévu. Et elle devait marcher à maison pour ne pas alerter sa mère à cette situation.

Donc, tout allait de mal en pire, sauf qu'elle commençait à apprendre le roller derby ... qu'elle maîtrisait mal, en commençant avec le patinage à roulettes, elle ne savait pas freiner à une pente.

La ruse fut finalement découverte, elle devait avoir une conversation avec sa mère ... mais elle n'avait pas été trahie par Charlotte. L'amitié n'est en fin de compte pas devenue une inimitié, comme elle avait craint.

Ceci sont deux belles histoires, et les dessins à ligne claire avec un côté un peu manga pour les figures des personnages féminins, assez kawai, ne gâchent point le plaisir.

Hans Georg Lundahl
Kremlin Bicêtre
I Dim. d'Avent
1.XII.2019

* Ne pas vous inquiéter, les termes seront expliqués très bien dans la bad.

jeudi 10 octobre 2019

les aigles décapitées : cycle deux


les aigles décapitées · les aigles décapitées : cycle deux

Kraen avait été dessinateur pour le premier cycle, les trois premiers volumes. Maintenant il devient scénariste.

Tome 4 L'hérétique (scénario et dessins Jean-Charles Kraehn); 1989, Éditions Glénat; Tome 5 Saint-Malo de l'Isle (scénario Jean-Charles Kraehn, dessins Michel Pierret); 1991, Éditions Glénat.

Et on ressent un peu l'influence de Prince Vaillant, puisque la relation de Hugues à Nolwenn est à ces débuts autant houleuse que celle de Vaillant à la Reine des Îles Brumeuses.

On y trouve aussi un Juif sympa (triste, mais pas malhonnête) et un hérétique nettement moins sympa (antisémite, pervers, malhonnête).

J'avais très longtemps hésité à ouvrir un "aigles décapitées" par peur que ça serait un peu pareil à "fossoyeurs de Belzébuth" - très cynique. Ce n'était pas le cas, mais le deuxième cycle est un peu davantage cynique et hélas à certains pages trop "explicite" ... mais enfin, les hérétiques, sauf leur hérésiarque, s'en tirent assez bien.

On ne montre pas que ces gens auraient, sous l'inquisition, eu, la plupart, un sort assez clément en reniant leur hérésiarque et en se réconciliant avec l'église. Pas mal auraient fait le pèlerinage à Mont Saint Michel comme première étape de leur pénitence imposée.

Or, un pèlerinage à Mont Saint Michel est aux débuts de l'histoire, même si elle se raconte en débutant in medias res, avec un naufrage le voyage de mer de retour. Comme Sigwald avait d'abord raconté à Hugues l'avoir retrouvé comme le vrai héritier de Crozenc, et ensuite de l'avoir trompé, toute sa vie, Hugues à des remords d'avoir gagné son fief par tromperie, et il va à Mont Saint Michel.

Le retour, il sauve deux fois un Juif, qui va se montrer reconnaissant.

Et, juste après le sauvetage, ils tombent prisonniers d'un groupe d'hérétiques, ceux-ci du type des turlupins, "apôtres du libre esprit" dans le texte. Mais "père Goliard" n'est pas un Amaury de Bène ni un David de Dinant, on passe un peu à côté le panthéisme, moins l'anticléricalisme et le communisme, et on sent un peu un à propos quand "père Goliard" devient quelque part un peu un type de "pasteur évangéliste escroc" d'un type nettement plus moderne (qui, même en escrocs, ne sont généralement pas des turlupins ou panthéistes, notons-le).

Dans le roman par Elena Maria Vidal, The Night's Dark Shade, on traite des Albigeois - à la fois les méchants dedans sont plus typiques pour leur hérésie et l'hérésie plus typique, peut-être, pour son époque.

Il y aura mainte trahison, de mainte partie, de manière de mettre un peu de sel, même fiel, autour du miel du héro, et du miel ... épicé ... de la héroïne, Nolwenn. (L'album est écrit bien avant la carrière de Nolwenn Leroy). Et le pauvre (ou pas si pauvre que ça) Hugues est obligé de la prendre pour épouse, même s'il préfère Alix (la fille, si on se rappelle, du feu seigneur de Crozenc).

On va voir en album 6 (qui débute un cycle de cinq pour savoir si Hugues était vrai ou faux héritier de Crozenc) ce qui se passera entre Hugues et Alix, je pense.

Un décret d'expulsion de Juifs de Bretagne précise, selon la bd, qu'on ne pouvait pas être jugé ou accusé de meurtre en tuant en Juif se trouvant en Bretagne, apparemment en ligne avec certaines législations sur les faits d'intrusion. Au moins, les autorités bretons juste après 1240 ne tuaient pas les Juifs éventuels récalcitrants à ce décret, et il me semble que des expulsions comme ça ont pu aider à donner à certains de mes ancêtres le goût du voyage. Chose plus noble que l'usure, qui, rappelons-le, était le motif de cette expulsion. Et la bd n'entre pas dans le détail que les taux d'intérêt pris par les usuriers juifs de l'époque s'approchaient davantage à la Mafia israélienne que par des banquiers de nos jours tenus comme respectables.

Mais une superficialité dans le traitement des circonstances historiques ne suffit pas pour rendre la bd sans intérêt.

Hans Georg Lundahl
Paris XI
St. François Borgia
10.X.2019

mercredi 9 octobre 2019

les aigles décapitées


les aigles décapitées · les aigles décapitées : cycle deux

Vous avez lu ce chef-d'œuvre? Moi, les premiers trois volumes, scénarisés par Patrice Pellerin.

Or, l'action est très tac à tac, Hugues aura droit à une attaque par un sanglier, une captivité, celle-ci chez l'homme qui avait tué son père alors supposé, mais qui a une fille qui est belle et celle-ci un cousin un peu agressif (qui l'aurait voulu tuer comme braqueur sur l'endroit du sanglier tué), des escapades d'un donjon dans le château qu'il a considéré comme le sien, des révélations par son mentor qu'il n'était pas le vrai fils du châtelain d'avant tué, des sauvetages de la belle Alix (qui le laisse assez froid), ou du roi Louis IX (plus tard connu comme Saint louis), et d'autres convalescences à Fontgombault ...

C'est un peu comme les Chevalier Ardent par Craenhals (qui m'ont aidé à apprendre le français au et après le lycée) - mais en plus sérieux, davantage de violence psychologique et davantage de faits documentés dans l'histoire. Un peu Chevalier Ardent rencontre Prince Vaillant.

Il me semble que le scénariste ait un peu voulu célébrer la mémoire de la France de la Chrétienté. Non seulement le dévouement à St. Louis, mais en 1988, quand sort le troisième volume, Fontgombault est une abbaye fleurissante dans le rite tridentin ... un peu comme Le Barroux que j'ai connu trois ans plus tard. En tant que, rappelons-le, retraitant étudiant.

Il semble que le dessinateur ait du pouvoir voir de très près des moines bénédictins, ils sont très bien croqués.

Que s'est passé ensuite? Les bandes dessinées de la dernière décennie sont souvent d'une laideur repoussant, et la France est beaucoup moins chrétienne.

D'où un regard vers le temps que la France était dans les faits administratives et culturelles la fille aînée de l'Église.

Qu'un braconnier pouvait pendre est génuine, mais il me semble tiré des cheveux qu'un homme s'ayant défendu contre une bête sauvage puisse être condamné pour braconnage : le principe de légitime défense était reconnu. À part ça, les faits culturels du XIIIe siècle semblent bien croqués, y compris les costumes.*

Et ça fait bien.

Hans Georg Lundahl
Paris XI
St. Denis de Paris**
et St. Abraham
9.X.2019

PS. Il me semble que parmis les peuples prémodernes, la France du Moyen Âge prime très fortement sur les peuples de l'Amazonie en termes de quoi on pouvait prendre comme modèles. Mgr Lefèbvre disait "qu'on retourne aux champs, pas au djungle" ... (retraduit de la traduction allemande ou anglaise)./HGL

* Sur une note personnelle : les gens qui ont prétendu que mes capuchons modèle médiévale étaient "vêtements de femmes" devaient regarder Hugues dans le premier volume, page 5. C'est médiévale, et chaque autre communauté semble rêver de son Moyen Âge : Juifs en kaftan et chapeau large et haut, Musulmans en Djellaba, Hindous en Dhoti ...

** J'espère encore pouvoir retenir, malgré contradictions, ceci : Lutetiae Parisiorum natalis sanctorum Martyrum Dionysii Areopagitae Episcopi, Rustici Presbyteri, et Eleutherii Diaconi. Ex his Dionysius, ab Apostolo Paulo baptizatus, primus Atheniensium Episcopus ordinatus est; deinde Romam venit, atque inde a beato Clemente, Romano Pontifice, in Gallias praedicandi gratia directus est, et ad praefatam urbem devenit; ibique, cum per aliquot annos commissum sibi opus fideliter prosecutus esset, tandem, a Praefecto Fescennino, post gravissima tormentorum genera, una cum Sociis, gladio animadversus, martyrium complevit.

mardi 17 septembre 2019

Foi de Faith : être super-héroïne n'est pas facile


Je viens de lire

Faith 2. Doubles et faux-semblants
Une BD de Jody Houser et Marguerite Sauvage chez Bliss Comics - 2017
https://www.bedetheque.com/BD-Faith-Tome-2-Doubles-et-faux-semblants-309593.html


Et, si la hâte m'a empêché de capter comment la double magique de Faith et les doubles magiques de Mickey Meurtre ont disparus, j'ai au moins capté que, ceci de double identité, garder le secret, et encore les devoirs d'un héro (de protéger) sont un peu difficiles à gérer.

Riches clins d'œil à la culture pop, y compris un comic-con, et bonus de ridicule mais quand même joli pour un alter ego débusqué par un geekette faiseuse de costumes de cos-play et fan de Faith, ainsi que pour une ronde.

Moins ridicule : Archer, partenaire au comic-con, avait été élevé dans une famille très sectaire (ah, on démonise les Chrétiens "radicalisés"?) de traquer et assassiner un immortel qu'ils tenaient pour l'Antéchrist. Avis à tout lecteur Chrétien : inutile d'assassiner "Armstrong" même s'il est l'Antéchrist.

L'Apocalypse se laisse différer, mais pas éviter. On réussit et il ne ressuscite pas, on aura tué un innocent, ou il est coupable et on va échouer d'une manière ou d'autre. Archer a en effet échoué, et par conséquent il n'a plus la foi ou au moins plus l'esprit sectaire de ses parents et il est devenu ami "d'Armstrong". Donc, en l'élevant ainsi, ses parents ont opté pour son apostasie, en tant qu'ils étaient quelque part Chrétiens.

Il fait juste courte allusion à ceci dans une conversation avec Faith, mais il a sa propre série de BD.

Pour héros complexés et pour scénarios apocalyptiques, on avait l'habitude de faire confiance à Stan Lee : Jody Houser semble prendre la relève.

Hans Georg Lundahl
Médiathèque de Val-d'Europe
Stigmates de St. François
17.IX.2019

dimanche 25 août 2019

Souvenirs d'un Elficologue


En vie réelle, plus ou moins le héro serait en péché mortel, dès qu'il accepte d'être initié druide. La trilogie de BD joue pour la plupart (une scène où il rencontre un vieux journaliste républicain à part, cette scène étant à Paris, et ensuite le voyage à train vers la Normandie) aux alentours de Mont St. Michel.

Ceci est, à l'époque, une prison, on est donc entre 1811 et 1863. Probablement sous Napoléon III (d'où le gêne que le vieux journaliste occasionne à son journal par ses convictions républicaines). Et je crois que la prison et la présence d'un aumônier franciscain sont les choses qui approchent le plus cette histoire à ce qu'on appelle l'histoire.

Car, dans la BD, on a droit à Balor, roi des Fomoires, que le peuple de la déesse Danann avait privé de vie normale, arrachant son coeur et le cachant sous des antres quelque part dans la région, mais qui revient par quelque nécromancie néfaste, sous des traits mélangeant Venom (voir Spiderman) avec les poulpes. En occurrence, je viens d'apprendre le mot français "seiche" et de réfléchir que "la seiche" vient du latin "sepia". Mais les bras de seiche de Balor ont davantage à faire avec la mort qu'avec les peintures en sepia.

La scène d'ouverture implique un collecteur de moules ou autre choses à la plage, et Balor. Une fois qu'il est mort, il est trouvé après quelques jours par la calèche dans laquelle les journalistes de Paris viennent à Mont St. Michel. Une petite seiche est sortie de sa bouche, la calèche a pué, les gens ont été trouvé ça très pénible.

Paul Laforêt va aussi trouver des feys - les elfes assez classiques, genre ceux de Peter Pan, mais ici partie de Tuatha Dé Danann - pénibles, avec leur insistance qu'il vit entre deux mondes. Quelques mésaventures avec Balor et quelques aventures impliquant une belle gitane, il va changer d'avis.

À part le fait que le charactère spécifique de divinité, d'avoir droit à l'adoration, n'est pas abordé, les dieux irlandais, feys d'un côté, Balor de l'autre, comme dernier Fomoire, vont jouer un rôle marquant. Ce qui se trouve en jeu, comme dans certains films américains, d'il y a quelques décades, va avoir davantage à faire avec Chamanisme qu'avec Christianisme.

Un plus, les gobelins, certes parodiques et méchants, ont du style. Quand Paul Laforêt et Gigi - alias une princesse de l'autre monde - entrent l'autre monde pour chercher la lance de Lug, viennent les gobelins, l'un dit "nous avons des problèmes" et le gobelin va répondre "non, vous avez des gros problèmes" - ici, les gobelins, quoique méchants, deviennent davantage une tribu ennemie que la méchanceté humaine illustrée en raccourcie, comme ils le sont chez Tolkien. (Ceci ne veut pas dire que je suis contre Tolkien, juste que la "variatio delectat").

Je ne vais pas trop révéler de l'action, mais, comme divertissement, ça a son effet. Je déconseille pour ceux qui ne sont pas fondés dans la foi catholique, par contre, surtout que le chamanisme devient "nouveau chic". Gloris et Bordier ont fait un bon ouvrage, et si l'action est assez loin de l'onirique trop confus en Arzach (mon avis), un peu l'esprit de jeu et la qualité des images rappelle le Moebius qu'ils admirent (selon une des dédicaces d'auteurs au début d'un tome).

Hans Georg Lundahl
Paris XI
Dimanche après
St. Bartholomé
25.VIII.2019

dimanche 4 août 2019

Le Monde des Ados


L'année passée : Stig et Tilde.

Cette année : Yan Faucher.

Les deux abordent la mort et les revenants d'une manière qui aurait paru trop morbide dans une BD pour ados quand j'étais pré-ado moi-même.

C'est pour le bien et pour le mal.

D'un côté, le memento mori (latin n'est pas une langue morte, mais pourtant va bien quand on parle de la mort, non?) - et de l'autre côté la normalisation, ou quasiment, de l'idée d'un amour "outre-tombe" ... et pas dans le sens de l'amour de Serenelli pénitent pour Ste Maria Goretti non plus ... elle l'a amené à pénitence, ces revenants là souhaitent le flirt./HGL