mercredi 9 octobre 2019
les aigles décapitées
les aigles décapitées · les aigles décapitées : cycle deux
Vous avez lu ce chef-d'œuvre? Moi, les premiers trois volumes, scénarisés par Patrice Pellerin.
Or, l'action est très tac à tac, Hugues aura droit à une attaque par un sanglier, une captivité, celle-ci chez l'homme qui avait tué son père alors supposé, mais qui a une fille qui est belle et celle-ci un cousin un peu agressif (qui l'aurait voulu tuer comme braqueur sur l'endroit du sanglier tué), des escapades d'un donjon dans le château qu'il a considéré comme le sien, des révélations par son mentor qu'il n'était pas le vrai fils du châtelain d'avant tué, des sauvetages de la belle Alix (qui le laisse assez froid), ou du roi Louis IX (plus tard connu comme Saint louis), et d'autres convalescences à Fontgombault ...
C'est un peu comme les Chevalier Ardent par Craenhals (qui m'ont aidé à apprendre le français au et après le lycée) - mais en plus sérieux, davantage de violence psychologique et davantage de faits documentés dans l'histoire. Un peu Chevalier Ardent rencontre Prince Vaillant.
Il me semble que le scénariste ait un peu voulu célébrer la mémoire de la France de la Chrétienté. Non seulement le dévouement à St. Louis, mais en 1988, quand sort le troisième volume, Fontgombault est une abbaye fleurissante dans le rite tridentin ... un peu comme Le Barroux que j'ai connu trois ans plus tard. En tant que, rappelons-le, retraitant étudiant.
Il semble que le dessinateur ait du pouvoir voir de très près des moines bénédictins, ils sont très bien croqués.
Que s'est passé ensuite? Les bandes dessinées de la dernière décennie sont souvent d'une laideur repoussant, et la France est beaucoup moins chrétienne.
D'où un regard vers le temps que la France était dans les faits administratives et culturelles la fille aînée de l'Église.
Qu'un braconnier pouvait pendre est génuine, mais il me semble tiré des cheveux qu'un homme s'ayant défendu contre une bête sauvage puisse être condamné pour braconnage : le principe de légitime défense était reconnu. À part ça, les faits culturels du XIIIe siècle semblent bien croqués, y compris les costumes.*
Et ça fait bien.
Hans Georg Lundahl
Paris XI
St. Denis de Paris**
et St. Abraham
9.X.2019
PS. Il me semble que parmis les peuples prémodernes, la France du Moyen Âge prime très fortement sur les peuples de l'Amazonie en termes de quoi on pouvait prendre comme modèles. Mgr Lefèbvre disait "qu'on retourne aux champs, pas au djungle" ... (retraduit de la traduction allemande ou anglaise)./HGL
* Sur une note personnelle : les gens qui ont prétendu que mes capuchons modèle médiévale étaient "vêtements de femmes" devaient regarder Hugues dans le premier volume, page 5. C'est médiévale, et chaque autre communauté semble rêver de son Moyen Âge : Juifs en kaftan et chapeau large et haut, Musulmans en Djellaba, Hindous en Dhoti ...
** J'espère encore pouvoir retenir, malgré contradictions, ceci : Lutetiae Parisiorum natalis sanctorum Martyrum Dionysii Areopagitae Episcopi, Rustici Presbyteri, et Eleutherii Diaconi. Ex his Dionysius, ab Apostolo Paulo baptizatus, primus Atheniensium Episcopus ordinatus est; deinde Romam venit, atque inde a beato Clemente, Romano Pontifice, in Gallias praedicandi gratia directus est, et ad praefatam urbem devenit; ibique, cum per aliquot annos commissum sibi opus fideliter prosecutus esset, tandem, a Praefecto Fescennino, post gravissima tormentorum genera, una cum Sociis, gladio animadversus, martyrium complevit.
samedi 19 avril 2008
Love Hina (essentiellement une critique du Keitaro, très personnellement vécu)
Je ne sais vraiment pas ou commencer mes louanges, mais si le moi n'est pas toujours haïssible, je commence avec mon homologue en Japon: Keitaro. Le geek archétypique. Le maladroit avec les filles et toute autre chose qui le concerne. Le gaffeur né.
C. S. Lewis distingue fantasy comme genre litéraire de "fantasizing" comme phénomène psychologique. Les livres qui mettent les geeks à rêver du succès, il en considère la lecture nombriliste. Et il les qualifie comme ayant lieu surtout dans les endroits ou des situations réalistes. Un geek ne rêve pas sérieusement de tuer des dragons lui-même, mais il peut rêver sérieusement de faire un come-back spectaculaire. J'en suis pas immunisé. Et je confesse que les péripéties de Keitaro me font rêver. Les livres où le geek devient sportif ... ben, ça ne m'a jamais très chanté. Je ne sais que trop bien, que m'entrainer, ça n'est pas vraiment mon truc - sauf la marche, la balade.
Mais Keitaro ne devient pas sportif. Il réussit ses études. Et ça ne m'a jamais posé de problèmes d'ordre de capacité mentale. Mes études ont été une dissipation entre autres - et beaucoup de mes autres dissipations ont été des études informelles, le sont en effet toujours.
Le presque miraculeux se tient du fait que ce supergaffeur réussit à faire une vie, d'abord une familiarité puis un amour et un mariage avec la belle Naru.
En attendant la fin heureuse, il y a 14 volumes (format manga, biensur) de comédie, rangeant du mignon, à travers la stupide querelle jusqu'aux gaffes qui concernent la pudeur. Car ce Keitaro est le dirigeant d'une pension pour filles, puisque sa grand-mère en est la propriétaire. Avec la pudeur et l'honneur japonaises et un gaffeur qui ne peut pas s'empêcher d'en enfreindre les bornes par pure maladresse et en gardant des intentions totalement honorables, il n'en manque pas des richissimes occasions. Pourtant, Love Hina ne devient jamais sexuellement explicite. C'est un schôjo manga, pas un hentaï!
A vrai dire, Keitaro a de la chance: en gérant une pension pour filles, il n'a pas à affronter les garçons genre macho. S'il avait à le faire, il serait possiblement harcelé, et par là les filles le fuiraient. (Je "dis vagues" sur le personnelle:) Je plains les garçons geeks qui se trouvent parmi dix à quinze garçons, dont la plupart plus sportifs qu'eux-mêmes dans la classe. Y compris moi-même entre la puberté et le debut de la première - mais celle-ci et la terminale étaient presque bonnes. La filière de lettres était peu fréquenté et je pouvais briller - jusqu'à irriter le prof - en latin et les autres sujets ou on était entre nous. En philo, par contre, on était avec la filière Sciences et je faisais faible figure à l'orale devant la classe. En logique, par contre, j'étais le seule de donner un papier "20/20" - le "19/20" était très fâché, vu qu'il était laïque dans les styles où Da Vinci Code a depuis pris la relève avec les Dawkins et les d'Onfray: il ne pouvait pas croire qu'un catho "outré" ou "fanatique" était son supérieur en logique, censée être notre faible à nous les "puces de benitier". Mais - et ça fait rêver - Keitaro n'avait pas à s'occuper des mecs.
Il est devenu archéologue. Ça me fait presque rêver. Juste presque. Les céramiques en morceaux cassés, d'abord il y en a d'uniforme, ensuite j'aimerais voire l'artisanat dans le contemporain et pas cassé, et finalement, les cadavres et les squélettes, à par les réliques de saints touchées précisement par piété, il est impie de les toucher par pure curiosité, n'en fût-ce question d'une curiosité scientifique. Mais, dans toutes les fouilles, Keitaro - au moins pour ce que j'ai vu, je na'i pas lu la collection complète - ne trouve que des céramiques et des trésors. Et un pays dont le nom fait équivoque avec l'université qu'il a nommé dans une promesse, celle d'entrer ensemble à Todai avec ... il pense que c'était Naru.
Quand il prefère celle-ci, il a raison. Elle est intelligente, mais pas rusée ou cynique. Kitsune est un brin rusée ou cynique: Naru, non. Sans être naïve, elle demeure innocente. Elle peut se fâcher, mais ne devient pas violente. Contraste: Motoko qui veut trancher la tête de Keitaro avec une épée Kendo après un insulte involontaire. Et a différence de Kitsune, elle ne fume pas. Biensur il s'efforce - et réussit finalement - de ne pas trop blesser les pré-ados qui craquent pour lui avec une dévotion naïve. Il y a la myope maladroite, qui est trop gaffeuse pour completter ce gaffeur-né, qu'il est.
Déso pour m'avoir trop concentré sur Keitaro, mais il est trop un autre moi pour que j'en parle pas.
Hans Lundahl
6/19 avril 2008
Aix en Provence