lundi 26 janvier 2026

Les BDs d'antan ...


René Goscinny et Albert Uderzo ont écrit les Astérix classiques. Peyo les Johan et Pirlouit classiques. Et les Schtroumpfs classiques. Don Rosa, les Donald Duck classiques. Il n'est pas mort, mais sa contribution à Donald Duck a pour quelque raison cessé en 2006. À la limite, Carl Barks est encore plus classique.

Avant-hier, j'ai lu une critique d'Astérix en Lusitanie. Selon le bref texte, il fait sourir, mais n'a rien à voir avec les Astérix classiques, genre en terme de créativité et de verve. Je ne l'ai pas encore lu, je ne sais pas si c'est vrai ou faux. Astérix et le Griffon ne m'a pas paru tout à fait digne d'inspirations comme Astérix chez les Helvètes ou Astérix et les Goths.

Et certains trucs de Thierry Culliford, fils de Peyo, me donnent pas les vibrations d'un bon Johan et Pirlouit. Je parle des Troubadours de Roc-à-Pic, nettement inférieur* à des perles comme Le Serment des Vikings ou La Guerre des sept fontaines.

Est-ce une question d'œuvres trop dérivées, d'écrivains épigones ? Franquin a repris un Spirou sans qu'en lisant Le Faiseur d'or on devienne blasé en retrouvant QRN sur Bretzelburg (ou l'inverse, je pense que Fournier était après Franquin).

Non, on a changé de mentalité. Les chefsd'œuvres contemporains qui ne doivent rien à l'épigonisme d'albums d'il y a 50 ans ou plus (Spirou et Fantasio, 1950, bientôt 76 ans, Johan et Pirlouit, 1954, bientôt 72 ans, Astérix, 1959, bientôt 67 ans, et je ne parle que des albums) sont aussi très différentes des BD de l'âge d'or de la BD franco-belge. J'ai un certain temps, à Carpentras, ou si c'était à Aix ou à Nice, aimé de lire Joann Sfar, le Chat du rabbin. Et j'ai repris à Paris et à Beauvais. Je ne l'ai pas critiqué simplement pour dénoncer un Juif séculariste. Je n'ai pas le genre de contacts qui m'auraient permi à dépister un BD-iste évolutionniste. Non, j'ai clicqué sur la vidéo par nostalgie. Mais, un Chat du rabbin, ce n'est pas du tout un Astérix. Et ça ne tient pas qu'au fait qu'il s'agit d'un animal de compagnie, dépeint comme tel. Goscinny aurait pu faire, peut-être a fait, une histoire raconté du point de vue d'Idéfix, mais ça n'aurait pas été la même chose.

Comment alors expliquer cette différence ? La BD franco-belge classique était décomplexée, tout d'abord. Décomplexée dans les préjugés (les Romains et les Goths d'Astérix sont bureaucrates français et allemands limite nazillons). Décomplexée dans la violence (baffer un Romain, ce n'est pas une tragédie, c'est du bon sport). Décomplexée dans la rejection des marottes intellectuelles et pseudo-intellectuelles (Éléonoradus dans Astérix et le Chaudron, comédien à traits carrément presque transsexuels étant basé sur Eleonora Duse, femme en relation lesbienne avec Lina Poletti, et si Éléonoradus a promu du théâtre avant-gardiste, l'actrice réelle a servi à l'avant-gardisme de d'Annunzio, d'Ibsen et encore).

Une génération avant, on avait le sérieux du Christianisme, qui pesait parfois sur la liberté d'expression. Une génération ou deux après, on a le sérieux de la modernité assez achrétienne, qui pèse encore davantage sur la liberté d'expression. Je ne parle pas de censure, je parle d'autocensure. Une certaine génération en avait assez peu. Ce qui passe par la tête a été communiqué, quasiment tel quel. Et dans l'art, le premier trait, vite fait, pas détourné, ça compte.

Mais on était aussi décomplexé par rapport à la forme. L'aventure était épisodique ? Pas de problème, l'Odyssée l'était aussi. L'épisodisme existe encore, mais en Corto Maltese il sert l'impression onirique. Mais on a tendance à faire compter davantage les grandes lignes du récit, et moins les petites épisodes. C'est comme quand le cinéma de Charlot ou de Sergio Leone est remplacé par le cinéma Roland Joffé (Mission), James Ivory (Chambre avec vue), Jean-Jacques Annaud (Le Nom de la Rose) ... ces derniers étant de chefs-d'œuvres (moins faciles à reproduire en BD), mais d'un autre style, d'une conscience sur la forme, avec prétention académique.

Et l'âge d'or de la BD franco-belge avait aussi un romantisme d'une vie non-bourgeoise, sans que celle-ci devait forcément répondre à un programme écologiste. Hippies, citoyens du monde (comme Tintin et Spirou), marins (Capitaine Haddock et le raconteur de la série télévisé Dr. Doolittle = le jeune assistant de ce docteur), même un vagabond (Valentin, par Tabary, l'auteur d'Isnogoud ... qui forme une transition entre cette âge d'or et certaines choses d'aujourd'hui). Les BD-istes avaient vu l'été de l'amour**, mais pas la tuerie à Altamont. Il y avait même une série avec un couple nouveaux mariés, qui vivaient dans un monde inspiré par les hippies.

Hans Georg Lundahl
Nanterre BU
St. Polycarp
26.I.2026

(23.II) Smyrnae natalis sancti Polycarpi, qui, beati Joannis Apostoli discipulus, et ab eo ejusdem civitatis Episcopus ordinatus, totius Asiae Princeps fuit. Postea, sub Marco Antonino et Lucio Aurelio Commodo, sedente Proconsule et universo populo in theatro adversus eum personante, igni traditus est; et, cum ab igne minime laederetur, martyrii coronam, gladio confossus, accepit. Cum illo etiam alii duodecim, qui ex Philadelphia venerant, in eadem Smyrnensi urbe, martyrio consummati sunt. Ipsius tamen Polycarpi festum septimo Kalendas Februarii celebratur.
(26.I) Sancti Polycarpi, Episcopi Smyrnensis et Martyris, qui martyrii coronam septimo Kalendas Martii consecutus est.

* Comme je l'ai noté en Les Troubadours de Roc-à-Pic et le film Méchant Malade

** Conferez Olivier Rameau marié à Colombe Tiredaile, vivants à Rêverose.

Aucun commentaire: