samedi 2 mai 2026

Signé Furax, 1981, un contre-exemple ?


Les BDs d'antan ... · Je pense que tout le monde comprend l'exemple entre Dynamic Duo d'antan et Batman moderne, mais encore ... · Signé Furax, 1981, un contre-exemple ?

Je viens de regarder sur youtube un film de 1981.

Signé Furax - Film Complet en français comédie - 1981
𝑫𝑰𝑨𝑺 𝑻𝑷𝑴 | 8 mai 2024
https://www.youtube.com/watch?v=eh6m9k8LAYI


L'âge d'or dont je viens de lamenter la disparaison, avait-il une dernière lueur en 1981 ?

Soyons clairs. Le film est basé sur le feuilleton radiophonique Signé Furax, plus précisément sur la saison 2 :

Signé Furax : Le Boudin sacré, 212 épisodes[9] diffusés du 22 octobre 1956 à juin 1957.
Cette saison, la première répondant au titre générique de « Signé Furax », raconte le vol des grands monuments de France tels l’obélisque de la Concorde, le Lion de Belfort ou l'arc de triomphe d'Orange, remplacés par des imitations en staff portant la mention « Signé Furax ». Chacun de leur côté, le commissaire Fouvreaux de la DDT (Défense divisionnaire du territoire) et le commissaire Jean-Jacques Socrate de la Police Judiciaire mènent l'enquête. Ils font appel à Black et White, deux détectives privés afin de résoudre le mystère de ces disparitions. Ils se trouvent alors rapidement confrontés à l'ignoble Klakmuf et à son homme de main Grougnache, tous deux membres de la secte des Babus.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Signé_Furax_(feuilleton_radiophonique)


Merci beaucoup ! Vous avez capté ? Le film refait une œuvre d'une époque antérieure, à savoir d'entre le 22 octobre 1956 et un jour en juin 1957.

Époque avant que cette innocence disparaisse. C Q F D./HGL

vendredi 13 mars 2026

Je pense que tout le monde comprend l'exemple entre Dynamic Duo d'antan et Batman moderne, mais encore ...


Les BDs d'antan ... · Je pense que tout le monde comprend l'exemple entre Dynamic Duo d'antan et Batman moderne, mais encore ... · Signé Furax, 1981, un contre-exemple ?

Il y en a pour le Captain Marvel (qu'on a renommé Shazam)*

Shazam
scénariste : Geoff Johns
dessinateur : Gary Frank
traducteur : Edmond Tourriol

Date de sortie : 14 novembre 2014

https://www.urban-comics.com/shazam/


Et encore un truc :

Âge : 12+


Pour le Captain Marvel que je lisais à l'âge de 6 ou 7, inutile de préciser telle chose. Pour celui-ci, pas tout à fait.

Billy Batson, dans les deux cas, est un garçon entièrement pur et un orphelin. Pour l'original, il est simplement un camelot de journaux. Pour le remake, il est l'orphelin le plus difficule à placer de tout l'orphélinat. Possible qu'un tel garçon soit pur ? Peut-être pas tout à fait de la Colère, un des sept péchés capitaux, mais bon, à part ça, oui, c'est possible qu'il soit chaste, qu'il ait un sentiment de justice, tout ça. Il se bat contre les lâches agresseurs. Mais l'atmosphère n'a plus la même innocence.

La première fois qu'il est transformé en gros body-builder, la première victime de crime qu'il soulage, c'est une assez belle fille. Le criminel déguerpe, quoi de plus naturel face à un mélange entre Superman et Tarzan, et le héro est face à la soulagée. Elle demande ce qu'elle peut faire pour lui, et peut-être elle aurait rêvé d'une promenade avec lui, et peut-être qu'elle aurait offert un peu d'intimité qui aurait été très incongrue à une première rencontre avec un autre (et, en fait, avec lui aussi).

Il ne le demande pas. Il ne l'a comprend pas. Il dit avoir faim et elle lui file un billet. On la devine deçue.

Prochaine scène, il se goinfre avec son ami (de la même famille d'accueil, où il est allé de l'orphelinat) de hamburgers, et on est un peu mal à l'aise quand un bodybuilder goinfré de viande et qui n'a pas d'interêt pour une belle fille est assis côté à côté avec un garçon adolescent. Rien de mal va se passer, mais je perds l'envie de lire.

Dans la vieille version, le sorcier ressemblait à Merlin ou à Gandalf. Dans celle-ci, c'est un sorcier-shamane de l'Australie, des Aborigines. Un peu plus de réalisme à propos de la magie. Et, encore une fois, moins d'innocence. C'est comme si Homnibus de Peyo devenait en outre d'hypnotiseur, un homme discursant sur l'ésotérisme.

Vous connaissez le Monde de Narnia par C. S. Lewis et aussi The Problem of Susan par Neil Gaiman? C'est quelque part Neil Gaiman qui m'a fait vouloir démonter ce genre de propos ignoble, Susan Hastings** serait devenue une païenne. Non, selon la pensée de CSL, Aslan est la même personne que Jésus-Christ, et une raison pourquoi elle devait retourner à notre monde et jamais retourner à Narnia est pour "dans son propre monde le connaître sous un autre nom, c'est à dire sous le nom de Jésus-Christ. Bon, quand Neil Gaiman déjoue cette fin prévue, c'est une trahison directe de l'intention de l'auteur original, mais c'est aussi une extrême de cette tendence d'innocence perdue.

Hans Georg Lundahl
BU de Nanterre
Sts Rodrigo, prêtre, et Salomon
Martyrs de Cordoue
13.III.2026

Cordubae, in Hispania, sanctorum Martyrum Ruderici Presbyteri, et Salomonis.

* Désormais il y a un autre personnage, je pense Marvel Comics, qui porte le nom Captain Marvel. Le changement de nom est pour éviter confusion.

** "Hastings" est une allusion très compréhensible sur "Pevensey" puisque Pevensey est la première bataille des Anglo-Saxons et Hastings leur dernière, entre les conquêtes de Hengist et Horsa et celle de Guillaume de Normandie.

lundi 26 janvier 2026

Les BDs d'antan ...


Les BDs d'antan ... · Je pense que tout le monde comprend l'exemple entre Dynamic Duo d'antan et Batman moderne, mais encore ... · Signé Furax, 1981, un contre-exemple ?

René Goscinny et Albert Uderzo ont écrit les Astérix classiques. Peyo les Johan et Pirlouit classiques. Et les Schtroumpfs classiques. Don Rosa, les Donald Duck classiques. Il n'est pas mort, mais sa contribution à Donald Duck a pour quelque raison cessé en 2006. À la limite, Carl Barks est encore plus classique.

Avant-hier, j'ai lu une critique d'Astérix en Lusitanie. Selon le bref texte, il fait sourir, mais n'a rien à voir avec les Astérix classiques, genre en terme de créativité et de verve. Je ne l'ai pas encore lu, je ne sais pas si c'est vrai ou faux. Astérix et le Griffon ne m'a pas paru tout à fait digne d'inspirations comme Astérix chez les Helvètes ou Astérix et les Goths.

Et certains trucs de Thierry Culliford, fils de Peyo, me donnent pas les vibrations d'un bon Johan et Pirlouit. Je parle des Troubadours de Roc-à-Pic, nettement inférieur* à des perles comme Le Serment des Vikings ou La Guerre des sept fontaines.

Est-ce une question d'œuvres trop dérivées, d'écrivains épigones ? Franquin a repris un Spirou sans qu'en lisant Le Faiseur d'or on devienne blasé en retrouvant QRN sur Bretzelburg (ou l'inverse, je pense que Fournier était après Franquin).

Non, on a changé de mentalité. Les chefsd'œuvres contemporains qui ne doivent rien à l'épigonisme d'albums d'il y a 50 ans ou plus (Spirou et Fantasio, 1950, bientôt 76 ans, Johan et Pirlouit, 1954, bientôt 72 ans, Astérix, 1959, bientôt 67 ans, et je ne parle que des albums) sont aussi très différentes des BD de l'âge d'or de la BD franco-belge. J'ai un certain temps, à Carpentras, ou si c'était à Aix ou à Nice, aimé de lire Joann Sfar, le Chat du rabbin. Et j'ai repris à Paris et à Beauvais. Je ne l'ai pas critiqué simplement pour dénoncer un Juif séculariste. Je n'ai pas le genre de contacts qui m'auraient permi à dépister un BD-iste évolutionniste. Non, j'ai clicqué sur la vidéo par nostalgie. Mais, un Chat du rabbin, ce n'est pas du tout un Astérix. Et ça ne tient pas qu'au fait qu'il s'agit d'un animal de compagnie, dépeint comme tel. Goscinny aurait pu faire, peut-être a fait, une histoire raconté du point de vue d'Idéfix, mais ça n'aurait pas été la même chose.

Comment alors expliquer cette différence ? La BD franco-belge classique était décomplexée, tout d'abord. Décomplexée dans les préjugés (les Romains et les Goths d'Astérix sont bureaucrates français et allemands limite nazillons). Décomplexée dans la violence (baffer un Romain, ce n'est pas une tragédie, c'est du bon sport). Décomplexée dans la rejection des marottes intellectuelles et pseudo-intellectuelles (Éléonoradus dans Astérix et le Chaudron, comédien à traits carrément presque transsexuels étant basé sur Eleonora Duse, femme en relation lesbienne avec Lina Poletti, et si Éléonoradus a promu du théâtre avant-gardiste, l'actrice réelle a servi à l'avant-gardisme de d'Annunzio, d'Ibsen et encore).

Une génération avant, on avait le sérieux du Christianisme, qui pesait parfois sur la liberté d'expression. Une génération ou deux après, on a le sérieux de la modernité assez achrétienne, qui pèse encore davantage sur la liberté d'expression. Je ne parle pas de censure, je parle d'autocensure. Une certaine génération en avait assez peu. Ce qui passe par la tête a été communiqué, quasiment tel quel. Et dans l'art, le premier trait, vite fait, pas détourné, ça compte.

Mais on était aussi décomplexé par rapport à la forme. L'aventure était épisodique ? Pas de problème, l'Odyssée l'était aussi. L'épisodisme existe encore, mais en Corto Maltese il sert l'impression onirique. Mais on a tendance à faire compter davantage les grandes lignes du récit, et moins les petites épisodes. C'est comme quand le cinéma de Charlot ou de Sergio Leone est remplacé par le cinéma Roland Joffé (Mission), James Ivory (Chambre avec vue), Jean-Jacques Annaud (Le Nom de la Rose) ... ces derniers étant de chefs-d'œuvres (moins faciles à reproduire en BD), mais d'un autre style, d'une conscience sur la forme, avec prétention académique.

Et l'âge d'or de la BD franco-belge avait aussi un romantisme d'une vie non-bourgeoise, sans que celle-ci devait forcément répondre à un programme écologiste. Hippies, citoyens du monde (comme Tintin et Spirou), marins (Capitaine Haddock et le raconteur de la série télévisé Dr. Doolittle = le jeune assistant de ce docteur), même un vagabond (Valentin, par Tabary, l'auteur d'Isnogoud ... qui forme une transition entre cette âge d'or et certaines choses d'aujourd'hui). Les BD-istes avaient vu l'été de l'amour**, mais pas la tuerie à Altamont. Il y avait même une série avec un couple nouveaux mariés, qui vivaient dans un monde inspiré par les hippies.

Hans Georg Lundahl
Nanterre BU
St. Polycarp
26.I.2026

(23.II) Smyrnae natalis sancti Polycarpi, qui, beati Joannis Apostoli discipulus, et ab eo ejusdem civitatis Episcopus ordinatus, totius Asiae Princeps fuit. Postea, sub Marco Antonino et Lucio Aurelio Commodo, sedente Proconsule et universo populo in theatro adversus eum personante, igni traditus est; et, cum ab igne minime laederetur, martyrii coronam, gladio confossus, accepit. Cum illo etiam alii duodecim, qui ex Philadelphia venerant, in eadem Smyrnensi urbe, martyrio consummati sunt. Ipsius tamen Polycarpi festum septimo Kalendas Februarii celebratur.
(26.I) Sancti Polycarpi, Episcopi Smyrnensis et Martyris, qui martyrii coronam septimo Kalendas Martii consecutus est.

* Comme je l'ai noté en Les Troubadours de Roc-à-Pic et le film Méchant Malade

** Conferez Olivier Rameau marié à Colombe Tiredaile, vivants à Rêverose.

vendredi 16 janvier 2026

Le Chat du Rabbin avait avalé un perroquet ? Explique pourquoi il répète des conneries


Le Chat du Rabbin - Bande annonce Finale HD
UGC Distribution | 26 avr. 2011
https://www.youtube.com/watch?v=nX7I2YLt73w


"Le 0:17 monde fut créé par l'Éternel notre Dieu 0:18 en 7 jours il y a 5700 ans et des 0:20 poussières. C'est ridicule. Avec le 0:22 carbone 14 on peut prouver 0:23 scientifiquement que le monde existe 0:25 depuis des milliards d'années."


Ridicule allégation. Après 70 000 ans, le carbone 14 n'est plus détectable de manière fiable.

5730 ans fois 16 = 91 680 ans.

0,5^16 = 0,0000152587890625 = 0,00152587890625 pourcent de carbone moderne (pcm).

Il y a d'autres manières d'expliquer des dates carboniques en 40 000 ans que de dire que l'organisme ait vécu il y a 40 000 ans. Si par exemple le Déluge (il y a 5000 ans, moins poussières) avait une atmosphère où le carbone 14 était si basse qu'une plante fraiche, pas un squelette, aurait à l'époque été daté en 35 000 ans. 1,45 pcm ou quelque.

Notons, le vrai bobard dans le rabbinisme est de mettre la création il y a 5700 ans, c'était plutôt il y a 7200 ans. Comme le dit le Martyrologe romain pour Décembre 25 (parce que Dieu dans la Chair est né 5199 après la Création, 2957 après le Déluge, 2015 après la naissance d'Abraham et encore quelques).





Davantage de contenu en ce format, lien vers vidéo et commentaires, parfois sur des sujets annexes, sur les blogs :

Répliques Assorties (FR)

Assorted retorts from yahoo boards and elsewhere (ENG)
Antworten nach Sorte (DE)

vendredi 7 novembre 2025

Une excuse et une grâce


Les Enfants de Timpelbach · Un sécularisme déplacé · Une excuse et une grâce

D'abord, quand Henry Winterfeld commença son roman, il n'était pas encore en Autriche, ou alors il venait d'arriver. Il était à Hambourg, encore ou récemment. On peut entre autre le comprendre quand la bande des méchants s'appelle "les Pirates" ... à Hambourg il y a une statue de Klaus Störtebeker, certes de bien après 1933, puisque son sculpteur est né en 1930. Si les bons sont pas mal intéressés d'une répartition équitable des ressources, c'est à la limite parce que les Vitaliens (dont Störtebeker) s'appellaient aussi Likedeeler = réparteurs à égalité.

Si à Hambourg même les adultes se font mal dans les excès, je pense avoir vu des vomitoires à côté des toilettes en Allemagne du Nord (en passage en 2004, sur mon pèlerinage), ça explique aussi pourquoi dans le roman les enfants dépourvus de parents, ceux dans la bande d'Oscar Stettner, mangent chocolat et boivent limonade et bière jusqu'en avoir mal.

Mais encore plus important. Il commence à écrire quand son fils Thomas Henry Winterfeld (plus tard océanographe) avait la scarlatine. Quand un fils de dix ans a la scarlatine, on ne gaspille pas du temps en documentation minutieuse, on raconte. Tel est l'excuse de Henry.

Pour grâce ... j'avais l'impression, peut-être après vandalisme sur la wiki, que c'était en 1932 que le fils avait la scarlatine. Or, dans ce cas, le récit aurait pu lui inspirer en partie l'exile en Autriche. Un bon réfuge avant l'Anschluss. Comme déjà dit./HGL

mercredi 5 novembre 2025

Un sécularisme déplacé


Les Enfants de Timpelbach · Un sécularisme déplacé · Une excuse et une grâce

Imaginez qu'un auteur dont on sait une connection à une église évangélique aurait imaginé un récit placé dans un village du Mexique où l'on détestait de célébrer Santa Muerte, bien qu'on soit Catholiques. Ou placé dans un village de la Chine, où l'on n'aimait pas les dragons du Nouvel An Chinois. Dans le village en Mexique, personne ne dit "Santa María" et dans le village en Chine personne ne dit à quelqu'un en difficulté "que Bouddha soit avec toi" ... "guide tes pas" (bon, ça fait longtemps que je n'ai pas lu He Pao par Vink et encore plus longtemps depuis que j'avais accès à des BD avec Marco Polo et son ami le jeune Ouïghour, les Ouïghours étant au feu royaume de Qocho encore Bouddhistes au temps de Marco Polo). On aurait conclu, sans hésiter, que l'auteur, malgré le fait de cacher son biais anti-Catholique ou anti-religions-de-la-Chine, en avait, et qu'en écrivant, il avait sacrifié le réalisme à ce biais.

Je vais peut-être donner un jugement un peu plus clément que ça pour Henry Winterfeld, mais entretemps, Timpelbach, pourtant une ville catholique, n'est ni décrit par un Catholique, ni par quelqu'un qui connaît bien le Catholicisme. Et puisque le Catholicisme d'Autriche et d'Allemagne du Sud donne des "mauvaises vibrations" à certains, je vais faire un excursus. Non, si le Catholique de cette région et de cette époque avait une tendance antisémite assez prononcée (tendance assumée mais aussi retenue chez le régime auprès duquel Henry Winterfeld fleurissait à ce temps), ce n'est pas par fondamentalisme à propos la prière Oremus et pro perfidis judæis. Ce n'est pas en ignorant tout ce qui s'est passé depuis la Crucifixion. Ce n'est pas même en souvenir de martyrs garçons (Bx. Simon de Trente, que je considère effectivement égorgé par des Juifs, très minoritaires et mal à l'aise dans cette ville, Bx. Andrée de Rinn, pour lequel je pense plutôt que des Juifs strictement absents ont servi pour innocenter l'oncle que je considère comme le vrai coupable, probablement pour avoir l'excuse du lévirat pour épouser la mère du Bx. Andrée, veuve, mais ayant un fils, un héritier mâle, jusqu'à la mort d'Andrée). Non, c'est par une méprise, quelque part ridicule, mais pas incompréhensible, de ce qui se passait dans la Commune.

Récit réel, pour deux faits. D'un côté, les Rothschild soignent gratuitement les Communards, et en gratitude, quand ceux-ci pillent des villas des riches, ils épargnent les Rothschild. De l'autre côté, Auguste Blanqui est une ordure d'anticlérical, et il conseille ou ordonne aux communards d'égorger les ôtages, dont l'archevêque de Paris. Les deux fait ne sont pas cause et effet, ils sont deux effets séparés du fait que les Socialistes (d'une école anglaise) étaient à la fois contre l'Église Catholique et plutôt pour les Juifs et les Franc-Maçons, dont les Rothschild et Blanqui.

Récit raccourci. On omet que les Rothschild soignent gratuitement les Communards. On omet le mobile de la gratitude. On omet le rôle de Blanqui. La perspective qui en résulte est à peu près que les Rothschild manipulent la Commune à sa perte et aussi à l'égorgément des prêtres catholiques. C'est comme ça que les germanophones catholiques voyaient les relations entre Juifs, Socialisme et Anticléricalisme on ne peut plus farouche. On ne peut pas prétendre que la Révolution russe avait pu raisonnablement à leur changer les idées là-dessus. C'est comme ça, faut pas en vouloir plus que ça, même si vous êtes (par quelque hasard qui arrive parmi mes lecteurs) Juif.

J'espère avoir dédémonisé le Catholicisme sud-allemand et autrichien des décennies avant la Seconde Guerre mondiale, et je vais maintenant dire un mot sur le fait comment il manque au récit de Winterfeld.

Le héro et l'écrivain du récit dans le récit, Michael Manfred, a du flair pour les choses techniques. Il a vu comment on conduit une voiture, mais il ne l'a jamais fait. Il se planque et se trouve en train d'aller en arrière et il est arrêté par la statue de St. Matthieu. L'automobile s'arrête. La statue tombe. Je pensais pourtant que la statue se trouvait dans une fontaine un peu plus vaste, et je pensais que la fontaine allait amorcer l'essor en arrière de la voiture, mais bon. La statue tombe, et les enfants sont un peu choqués. Mais personne entre eux pense à dire "pardon, Matthieu" et personne ne fait un signe de la croix en prière de réparation. C'est comme si une statue de St. Matthieu à Timpelbach et une statue à Martin Luther par l'Église de St. Michel à Hambourg, c'est kif kif ... pas de quoi enthousiasmer personne.

En fait, personne ne fait un signe de la croix, personne ne dit "Jésus, Marie, à l'aide" (en allemand "Jesus, Maria, hilf!"), personne ne prie un Ave Maria, personne ne marmonne un chapelet.

Les enfants de Timplebach ne sont pas d'Autriche, surtout pas de l'Autriche de cette époque là, ils sont de Hambourg, ou Berlin, où Bismarck avait fait une œuvre parallèle à Jules Ferry et à Émile Combes, et où donc la jeunesse se passait assez bien de religion, à moins de verser dans l'idéalisme. Si vous connaissez le personnage Pony Hütchen et le roman Emil und die Detective, vous savez exactement de quel genre de jeunesse je pense. Personne ne prie, parce que personne a une foi prononcée en Dieu. Pour Berlin de l'époque d'Erich Kästner, pas mal vu. Très juste. Et le Hambourg que Henry Winterfeld avait connu avant de se réfugier en Autriche, pas trop différent. Mais Autriche était à cette Allemagne à peu près ce que Mâlines au temps du Cardinal Mercier était à la Troisième République. Le Catholique a une relation à la fois sacrée et personnelle avec St. Matthieu, même en simple statue. Winterfeld n'aurait jamais écrit pareil sur les téfilim d'un Juif harédi.

Et si Timpelbach a une église, pourquoi le curé est-il totalement absent de l'histoire ? Winterfeld l'ignorait peut-être, mais normalement une église catholique est desservi par un prêtre qui célèbre la Messe chaque jour. Imaginer que l'Église de St. Matthieu (c'est dit église et non chapelle !) ait pu rester vide, à part la sonnerie des cloches (que Winterfeld a le bon goût de noter), même en semaine, pour quelqu'un qui connaît la religion catholique, c'est de la pure folie. Ce n'est pas comme de nos jours de déchristianisation et de déruralisation, où le dénier de trois ou cinq églises de nos jours baisse en dessous le dénier qu'avait autrefois une seule, en termes du pouvoir d'achat. Ah non. Autriche des années 1930, le Catholicisme était fort (et il était le rempart du régime Austrofasciste et donc du réfuge qu'avait trouvé Henrey Winterfeld). Vous vouliez sortir de l'Église ? Vous deviez vous soumettre à une examination par psychiatre, ou en pays de Salzbourg, six semaines d'arrestation chez la police avant d'avoir le dossier considéré. Un Catholicisme tellement fort a une forte base populaire, il n'est pas possible d'imaginer un Timpelbach en 1937 qui aurait manqué du prêtre. À la limite, il aurait fallu expliquer que le vieux curé avait dû partir en hôpital et même alors un chapelain pour le remplacer temporairement aurait été trouvé quelque part à Kollersheim en moins de 24 heures.

Il est également impossible qu'un curé Catholique aurait délaissé son église pour obéir à l'injonction de la mairie. Il n'aurait pas délaissé la sacristie et encore moins le tabernacle à une ville remplie d'enfants voyous. Et il n'aurait pas délaissé les enfants non plus. Willy Hak au moins, ayant fait peine à un chat sans aucune nécessité ou utilité, se trouvait en péché mortel, et le prêtre aurait voulu être là pour entendre la confession, même si elle risquait de tarder.

Impossible également qu'il n'aurait pas fait d'objections au plan, et, Timpelbach n'étant pas Clochemerle, impossible qu'on ne l'aurait pas entendu. Et encore, s'il avait par quelque insouciance pu se déplacer avec les autres pour une excursion, impossible que les gardiens de frontière à l'Italie n'auraient pas respecté son avis qu'il fallait vite retourner aux enfants. Mais peut-être Timpelbach serat plutôt censé se trouver vers la frontière de Bavière, et pourtant, même NS par commodité, là-bas, ils auraient respecté un prêtre catholique. Les NS ont certes persécuté l'Église, mais en des mesures diverses, c'est plus facile de priver un évêque catholique de permis (il avait roulé vite en allant vers un mourant) s'il se trouve à Dresde (ville natale d'Erich Kästner) que s'il se trouve à Munich.

À part le mauvais goût sur la statue, il y a un manque très pertinant de documentation sur le genre de situation, un manque de réalisme. Ce n'est pas à Cornouailles que les hommes portent le kilt et jouent Scotland the Brave en cornemuse, c'est en Écosse. Ce n'est pas au Texas qu'on parle une langue sœur de l'Anglais, le Braid Scots. Ce n'est pas une ville minière près de Lille où on fait la sieste avec un apéro de pastaga et joue la pétanque. Et ce n'est pas non plus en Autriche ou Bavière de cette époque que la religion chrétienne, de toute manière protestante, se fait invisible, sauf pour les très intéressés. Une ville autrichienne de 1937 n'a pas une population d'enfants issus de Berlin de 1929, dont Pony Hütchen. On comprend pourquoi le roman est apparu en Suisse et non en Autriche où se trouvait l'auteur.

Hans Georg Lundahl
Cergy
Sts. Zacharie et Élisabeth
5.XI.2025

Sancti Zachariae, Sacerdotis et Prophetae, qui pater exstitit beati Joannis Baptistae, Praecursoris Domini.

Item sanctae Elisabeth, ejusdem sanctissimi Praecursoris matris.

PS, j'ai trop peu dormi. J'avais écrit ceci :

Je vais peut-être donner un jugement un peu plus clément que ça pour Henry Winterfeld


et pourtant je ne suis pas arrivé. Mon jugement sur lui, c'est, vu que les Autrichiens parlent l'allemand, il avait jugé l'Autriche, au fond des choses, pas trop différent du Hambourg qu'il avait connu. Il ne s'était simplement pas rendu compte de ce qu'il faisait comme bourde./HGL

mardi 4 novembre 2025

Les Enfants de Timpelbach


Les Enfants de Timpelbach · Un sécularisme déplacé · Une excuse et une grâce

Tout d'abord, Mr. Henry Winterfeld a fui l'Allemagne en 1933, en Autriche. Pour certains (oui, il en était) très naturel de fuire l'Allemagne en 1933. Et puisqu'il ne quitte pas l'Autriche avant 1938, il n'a pas dû se sentir incommodé par l'Austrofascisme. En 1937, son roman est publié en Suisse. Entre autres choses, ça explique que la voiture la plus voyante du roman a encore une manivelle — même si elle marche aussi sur clef.

En plus, l'Italie étant sous Mussolini explique peut-être le délai des parents ... eh oui. Des parents outragés par le désordre semé par des jeunes de Timpelbach (à l'original Timpetill), curieusement sans ados plus âgés de 13 ... si ce n'est que les 14 et plus âgés sont en pension à Kollersheim pour le Gymnasium, Real-Gymnasium ou Realschule (trois versions du lycée en Autriche). Ces parents outragés, donc, font une conférence dans la mairie, décident de partir pour une journée pour laisser les enfants se débrouiller tous seuls, ayant pris le train à Kollersheim, ils vont en excursion dans une forêt, se trompent de sens, et sont arrêtés par des troupes frontaliers de l'autre pays. À Tyrol, ça pourra être l'Allemagne dans la Bavière, l'Italie dans la Lombardie ou dans le Tyrol de Sud ou Suisse dans les Grisons. Et ce sera des jours avant qu'ils puissent finalement revenir à la ville. Peut-être la publication en Suisse a été motivé pour qu'en Autriche il n'y ait pas de soucis avec les Italiens ou Allemands irrités pour cette description.

1937 ? C'est donc tellement avant Sa majesté des mouches que Bilbon le Hobbit est avant le premier volume du Seigneur des Anneaux. Ce n'est pas parce que le temps que les enfants sont laissés à eux-mêmes est plus court chez Winterfeld que chez Golding, que ça finit mieux. Aussi, les enfants sont chez eux, ils ne sont que provisoirement coupés des conforts de la civilisation (les parents avaient coupé l'eau et l'électricité), et les habitudes sages des temps des parents sont les meilleurs pistes pour les retrouver (avec un tout petit peu de techniques de cambriolage avec). Mais, peut-être 1954 était une année plus sombre que 1937 et Golding, irréligieux qui garde de ses origines chrétiennes protestantes l'idée du péché originel, dans la version protestante exaggérée, plus sombre que le serait un Catholique ou que le serait encore ... comme Winterfeld ... un Juif. En plus de Hambourg, aire luthérienne et donc essentiellement néopaïenne.*

Sachant qu'il était Juif, j'ai moins de goût encore pour la scène avec la statue de St. Matthieu (raison probable de la non-publication en Autriche**). Mais au moins on peut dire que la statue sauve une vie, à peu près. Il s'agit d'un garçon derrière le volant. Oui, sans permis. Vous aviez quelle expectation sur un livre où les enfants sont laissés tous seuls dans la ville ?

Mais, à différence du Golding, chez Winterfeld, au moins ce roman, même les voyous ne commettent pas de meurtres. En allemand, ses romans sur Caïus (jeune détective des temps romains) sont plus lus, je ne sais pas s'ils contiennent des meurtres./HGL

PS, ne cherchez pas Timpelbach, ou Kollersheim, sur la carte, c'est comme de chercher Syldavie sur une carte du Balkan./HGL

* Joyeuse, pas forcément pour les sdf.
** Catholique d'une manière très confessionnelle.